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Roadbooks > Balade en Vercors et en Dévoluy
Informations
Résumé 2 belles balades dans le Vercors et le Dévoluy, par des petites routes plutôt que les grands axes.
Départ Grenoble ( France - Rhône-Alpes - Isère )
Arrivée Grenoble ( France - Rhône-Alpes - Isère )
Région France - Rhône-Alpes
Proposé le 23/03/2005 00:00:00
Auteur darthstorm@...
Consulté 3051 fois
Régions traversées France - Provence - Hautes-Alpes,
Lieux motards De la région
Au départ
A l'arrivée

Des régions traversées :
Description Préambule

Il y a 2 semaines je rentrais la moto sous une tempête de neige. Ce week end, il faut beau, chaud et c'est le printemps pour les 2 roues.
Néanmoins les routes dont je vais vous parler, étaient verglacées, et
sous la neige il y a 2 semaines encore et il en reste des traces ! D'où ce petit préambule sur l'état des routes de montagne au jour
d'aujourd'hui.

Il convient de faire attention , car le sel et la terre rendent ces routes particulièrement glissantes même sèche. La neige, encore bien présente sur les bas coté, fond et ruisselle sur la route formant de belle flaques surprise au détour de virages aveugle. Les éboulements sont courant et du sable, de la terre, ou des cailloux pimentent les trajectoires. En altitude, les portions restant à l'ombre peuvent être verglacées. Donc prudence !

Samedi

Ayant enfin rapatrié la moto à la maison, je décide de me lancer dans
un bon gros nettoyage pour enlever le sel et remettre d'aplomb les
quelques bricoles en suspens depuis le début de l'année, puis de
WD40iser toutes les vis. Je vérifie les niveaux, modifie quelques
réglages, et décide de la laisser pour l'instant dans sa superbe robe
SBC Plastic Omnium Réplica. Une belle après midi me tends les bras. Je
me décide donc pour une petite boucle en Chartreuse, afin de reprendre
tranquillement mes marques et de finir d'user les bords de ce vilain pneu arrière qui, conditions climatiques obligent, à vu beaucoup d'autoroute ces derniers temps.

La chartreuse, ce n'est pas vraiment une découverte. C'est un très joli massif, une montagne d'appartement en fait, on y trouve tout ce qui fait le charme des montagnes de carte postale, mais dans un très petit périmètre. Je prend donc le cap de Saint Pierre de chartreuse via le col de porte, puis après avoir fait sourire les skieurs attablé en terrasse sous le soleil généreux, je continue vers le col du Crucheron. Pas de motard en vue, au final je n'en croiserais que deux sur cinquante kilomètres. Pourtant dès les beaux jours, c'est le défilé sous mes fenêtres, à croire qu'ils ne vont pas plus loin que le col de Porte, ce qui ne m'étonnerais pas plus que ça ! Les villages défilent, Saint Pierre d'Entremont, Entremont le vieux. Je décide d'aller revoir le Désert d'Entremont, un plateau d'altitude couvert de neige et de randonneurs qui finit en surplomb des gorges du Giers vif. En face de moi le petit et le grand Som, enneigé. Un petit coup d'oeil à Corbel, une village littéralement suspendu au dessus des gorges du Giers vif. On dirait une pub pour des vacances dans les Alpes qui ornent les faïences du métro parisien. Sauf que là c'est vrai, il fait chaud, ça sent la montagne et l'on entend l'eau qui descend les murailles de la citadelle Chartreuse.

Je redescends jusqu'au col de Couz qui fait la jonction avec la N6 pour repartir vers le sud. Et moi que me demandait ou pouvaient bien rouler les motards locaux... Ils sont sur la nationale 6 et ses 3 virages et demi. Je me cale à 100 en attendant que ça se passe, en mode liaison. Et voilà t'y pas que je reviens sur un motard, justement dans les trois virages et demi. Un collègue en goguette sans doute ! Je continue ma liaison et le dépasse tranquillement... Ben finalement non, il n'était pas en goguette puisqu'il me cabrolise dans le bout droit suivant.

De toutes manière nos routes se séparent, je décide d'aller voir ce que vaut le col de la placette dont on m'a mainte fois parlé. Conversation de motards locaux. Autant avoir un avis sur la question une fois au comptoir, histoire de ne pas, une nouvelle fois, passer pour le plouc de service.
Parce que autant vous le dire de suite, une Africa twin 650 pour se la
jouer kid de la route dans les concessions Grenobloises, c'est pas ce
qu'on a trouvé de mieux. Je ferais mieux de m'acheter une Ductai et de
voler la coquille à Kaliméro, ou le contraire c'est selon.

Je rattrape un groupe de motard et les enrhumes littéralement, (d'autant plus facilement d'ailleurs qu'ils étaient arrêtés) et je continue, traversant Saint Laurent du pont en direction du col de la Placette. Le groupe précédemment dépassé me redouble, enfin à moitié. Le premier proprement, le second me cabrolise façon « je vais le raser de près ! Ça va l'agacer ! » le troisième et le quatrième en bout de ligne droite, m'obligeant à leur faire un début d'extérieur dans le virage suivant, que je laisserais tomber: ils prennent toute la route ces rascals. On attaque donc le célèbre col de la Placette, avec derrière moi l'attardé du groupe. Bon autant le dire tout de suite n'y allez pas c'est une arnaque, y'a rien à voir ! Ce truc, c'est un enchaînement rapide de vagues virages, majoritairement en zone péri-urbaine avec une circulation digne du périf parisien, c'est le festival de l'interfile et du dépassement en force. Je doublerais une cinquantaine de voitures sur 10 kilomètres. Je pourrais m'amuser sur 200-300 mètres avant de revenir sur un wagon de voitures. La descente sur Voreppe avec quelques morceaux de vrais virages dedans pourrait être amusante effectivement, faudrait juste penser à fermer la route. Bref j'ai découvert les 17 tournants Grenoblois; comme à Paris on en fait tout un plat, c'est archi encombré, c'est noir de bécanes dès lors qu'il fait beau, il y a même des cyclistes et au final ça vaut pas tripette...

Après avoir bravé les embouteillages, je retourne en Chartreuse par
Proveysieux, Quaix en chartreuse et Sarcenas, sur les petites routes à
trail que j'affectionne, en compagnie des moutons. Moutons, qui je le
rappelle, sont au freinage transalpiste, ce que le tokico radial 4 pistons est au romai^^pistard: un accessoire indispensable.

En conclusion: Les romains de début de saison sont mous cette année, je les passe même en Africa...

Dimanche

M'étant aventuré à proposer un roadbook pour de véritables_païlotes_qui_roulent_pas_en_Peewee, j'avais remarqué une
portion que je ne connaissais pas, qui aurait fait une jonction
sympathique dans mon alternative « de la fort chiante route Napoléon ». D'autant que les noms sur la carte, déjà titillaient ma
curiosité; « Défilé de la Souloise », « le défilé des étroits », « la joue du loup »; une escapade à travers le Dévoluy.

Tout comme samedi, un soleil radieux et une température plus que
clémente, présageait d'une balade plutôt sympathique. Première étape
, la corniche du Drac, qui commence à Champs sur Drac et qui ondule
agréablement vers les hauteurs, au coté du tracé du train de la Mure
qui descendait encore le charbon il n'y a pas si longtemps que cela. Je pourrais vous évoquer les eaux du Drac, turquoise, les prairies du
Trièves, la route aussi puisqu'on parle de moto, bien plus agréable que la N85 et surtout étonnamment déserte. La dernière portion avant
d'arriver à La mure est un peu moins intéressante motoristiquement
parlant, néanmoins ,elle passe le long des anciens puits de mine.
L'histoire reste présente quand les paysages ne tirent plus la couverture à eux.

Au delà de la Mure, je rattrape la route Napoléon pour une portion
viroleuse, à même d'intéresser les païlotes en sportive.
Effectivement, ça tournicote tranquillement. Entre 80 et 100 au début,
à un rythme de promenade tranquille, puis les virages se font moins
brusque et je me cale à un 100 - 120 de croisière tout en regardant le
paysage. Pour s'amuser un tant soit peu sur certaines de ces portions, il doit bien falloir rajouter 50 km/h dans le nourrin. J'ai pas la moto pour, j'ai pas l'humeur pour. La circulation est un peu plus dense et attire également quelques motards en promenade, et des Ducats aux terrasses, théorème toujours vérifié ;-) On y trouve également le véritable pilote du dimanche en bagnole. La recherche d'une confrontation avec un homo-motardicus -quel qu'il soit- suffit à le remplir de fierté. Pour cela, il est prêt à trajecter à mort avec son mazout TDI en prenant toute la largeur de la route, sens inverse compris, et vous pourrit l'un des rares enchaînements de virages un peu plus serré que les autres. Moi qui était persuadé que mon traîne couillon aurait bien peu de chance d'exciter les hormones des automobilistes, la désillusion est cruelle !

A Corps, Je bifurque vers le barrage du Sautet, sur une route... à
trails. Je rassure de suite mes amis les véritables_païlotes_qui_roulent_pas_en_Peewee, ça ne dure pas. Et une
fois passé le barrage, la route reste étroite, mais le revêtement est
bon, d'ailleurs les virolos s'enchaînent, pour remonter à travers une
foret de résineux vers une large vallée, dominée par l'Obiou, d'un
coté et la montagne de Faraut de l'autre. Des massifs aux formes
étranges, nappé dans la neige et bordés de forets de sapins. Au milieu, une route droite, déserte, qui s'enfonce vers le défilé de la Souloise, là ou les deux massifs en viennent presque à se toucher. Une impression magique, presque hors du temps. Cette route déserte, bordé de poteaux téléphoniques me fait penser à certaines photos des routes de Patagonie. Je m'aperçois que l'on peut voyager beaucoup plus loin finalement que la distance que l'on parcours. Même si la Patagonie ne ressemble pas à ça, à cet instant j'y étais. D'ailleurs, chaque massif à certains moment, me donne l'impression d'avoir sa personnalité, ses mystères, sa vie. Je ne sais même pas si je suis réellement déjà dans le Dévoluy, mais il y a ici une ambiance unique, une unité de paysage, de couleurs et de lumières.

Le défilé de la Souloise est assez court pour se terminer dans une
vallée s'évasant. La route, au bitume impeccable, continue à monter
doucement vers Saint Disdier. Avisant en fonction du revêtement, je pique vers Saint Étienne en Dévoluy, puis vers la joue du loup. La route est tout autant superbe, puisque permettant l'accès à SuperDévoluy, je monte progressivement vers un plateau. Les bords de la route sont entièrement enneigés, et la température reste clémente, malgré les 1400 mètres d'altitude. La joue du loup: Imaginez un plateau, recouvert de bosquets de sapins épars, dont les ondulations sont estompées par la neige. Aussi loin que le regard peut porter, des montagnes verdoyantes, d'un vert sombre très franc. Un collègue me faisait remarquer d'ailleurs, que ces couleurs, très fortes, de tout début de printemps ne durent pas.

Après avoir passé le col du Festre, je redescends vers Gap; plein sud.
La neige disparaît vite, la route suit le lit caillouteux du Béou.
L'endroit est toujours aussi désert, petit à petit j'augmente le rythme, sans trop m'en rendre compte. De 80, 100, 120, puis 140, la route devient plus que roulante. Je préfère rendre la main pour profiter du soleil et du paysage et laisser du répit à mon pneu arrière plutôt fatigué.

Je me décide après avoir consulté la carte, d'obliquer vers Aspres sur
Buech, pour passer le col de Cabre en direction de Die. Du viroleux fort réputé dans la région, au moins 8 sur l'échelle de Slider. j'attaque donc la montée. La route est absolument déserte, sur ces 24 kilomètres, je ne rencontrerais que 3 voitures. Par contre, sel et boue sont au rendez-vous, bien plus que dans le Dévoluy d'ailleurs. J'enchaîne tranquillement les virages et les épingles, m'amusant à mettre de l'angle et de redresser la moto au gaz. C'est ludique, pas vraiment rapide, mais superbement amusant. A chaque sortie d'épingle, j'essaye de faire décrocher l'arrière. Pas vraiment concluant pour ce qui est du pneu arrière, par contre l'avant... La morale de l'affaire, c'est d'une part qu'à force de faire le con, on finit par gagner, et que d'autre part, le préambule de ce texte prend toute sa valeur. Pas très concluante finalement ma technique ;-)

Je continue mon périple vers Die, puis j'attaque le col du Rousset afin de traverser le Vercors. Comme d'habitude, la monté du col du Rousset est couverte de terre et de poussière. Une constante quel que soit la saison, me semble t'il. Après le tunnel, le contraste est saisissant, d'un coté le printemps et la Méditerranée, de l'autre l'hiver et les Alpes. Ce tunnel, c'est la porte vers un autre monde, ou des gens emmitouflés, après-skis aux pieds pataugent dans la neige. Les arbres n'ont pas encore de feuilles. L'hiver finit ici de faire de la résistance, Vercors oblige, tandis qu'à cent mètres de là, on se croirait déjà en été. Je pars vers Vassieux en Vercors, mais ici les routes ne sont pas aussi sympathiques qu'ailleurs, terre, sel, ruissellement de fonte, sable, émaillent le parcours. Il faudra sans doute attendre les premières pluies afin de bien nettoyer les routes.¹ Arrivé vers les baraques en Vercors, la route qui mène à Villard de Lans est coupé. Pensant qu'il est possible de rallier Villard via Pont en Royan, par l'autre coté des Gorges de la Bourne, je me risque à travers les grands et les petits goulets sous des trombes d'eau et un soleil radieux. Paradoxe assez étonnant de cette route, ou l'on se demande parfois (et surtout en cette saison), si la rivière passe bien au dessous ou au dessus de la route.

A Pont en Royan, la route vers Villard de Lans est bel et bien fermée; le Vercors est coupé en deux. Et moi qui m'étonnais de ne pas voir un seul Grenoblois de ce coté ci. Il va donc falloir faire le grand tour, pas bien palpitant. J'enquille donc vers Saint Marcellin, et la N532 pour rejoindre l'autoroute vers Grenoble. Il se fait tard et de toute manière, la route de contournement du Vercors est totalement dénuée d'intérêt.


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